De la tache au dessin: les usages propres du hasard.

3 ECTS, Semestre S1, MRC-MICU-S1

Equipe enseignante: Philippe MILLOT, Alain CUEFF


Contenu et modalités d'enseignement:
De la tache au dessin — Les usages propres du hasard
Certains dictionnaires définissent d’emblée la tache comme une « marque salissante », d’autres, plus fidèles à l’étymologie (du latin teche : « caractère, qualité »), la décrivent comme un « petit espace de couleur différente dans un ensemble de couleur uniforme ». Pour ce MRC, on préférera partir de cette dernière définition en envisageant la tache comme une forme accidentelle qui fait signe et qui, comme telle, demande des éclaircissements.
Telle avait été l’intuition d’Alexander Cozens, peintre, aquarelliste et graveur (1717–1786), exposée dans sa Nouvelle Méthode pour assister l’invention dans le dessin des compositions originales de paysages, publié à Londres en 1785. Il s’agissait dans un premier temps de laisser faire le hasard, mais loin d’en abandonner les résultats à un simple jeu, de procéder à partir de là à une esquisse, puis à un dessin. Autrement dit, de comprendre la tache, de l’interpréter, d’y aménager des distances significatives, et d’en favoriser certains effets ; processus qui peut encore être décrit comme : accident, projection et raisonnement. Comme on le sait, Victor Hugo, puis les surréalistes et certains peintres abstraits ou artistes conceptuels, reprendront des procédés similaires.

Savoir-faire et connaissance acquise:
Il s’agira d’explorer les différents moyens de produire des taches (encres, peinture, algorithmes…), de mettre à l’épreuve les transferts techniques ou matériels articulés à des réinterprétations. Une lecture sélective de la somme constituée par les travaux des 6 séances permettra de réaliser un journal.

Modalité de travail étudiant: Travail en groupe

Modalités d'évaluation:
Validation et notation sur le travail fournit individuellement et collectivement

Références indicatives:
Walter Benjamin, Œuvres, I, Paris, Gallimard, 2000
Dominique Berthet, Le Hasard dans l’art, Paris, L’Harmattan, 2021
Roger Caillois, L’Écriture des pierres, Paris, Flammarion, 1987
Alexander Cozens, Nouvelle Méthode pour assister l’invention dans le dessin des compositions originales de paysages, Paris, Éditions Allia, 2005
Victor Hugo, L’esprit de la lettre, Paris Musées, 2007
Yves Klein, Le Dépassement de la problématique de l’art et autres écrits, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, 2003
Rosalind Krauss, L’Informe, mode d’emploi, Paris, Centre Pompidou, 1999
Jean-Claude Lebensztejn, L'Art de la tache : introduction à la Nouvelle méthode d'Alexander Cozens, Paris, Éditions du Limon, 1990
Benoit Mandelbrot, Les objets fractals : forme, hasard et dimension, Paris, Flammarion, 2010
Henri Michaux, Émergences, Résurgences, Genève, Skira, 1993
David Ruelle, Hasard et chaos, Paris, Odile Jacob, 2010
Guillaume Theulière, Par hasard, Paris et Marseille, RMN-Grand Palais et Musées de Marseille,, 2019
Sarah Troche, Le hasard comme méthode : pratiques et théorisations de l'aléatoire dans l'art et la musique du XXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015
Wilhelm Worringer, Abstraction et Einfühlung [1908 ], Paris, Éditions Klincksieck, 2003


Séances de cours:
jeudi 09 octobre 202514:30-17:30
jeudi 16 octobre 202514:30-17:30
jeudi 23 octobre 202514:30-17:30
jeudi 06 novembre 202514:30-17:30
jeudi 13 novembre 202514:30-17:30
jeudi 20 novembre 202514:30-17:30
jeudi 04 décembre 202514:30-17:30
jeudi 11 décembre 202514:30-17:30
jeudi 18 décembre 202514:30-17:30
jeudi 08 janvier 202614:30-17:30
jeudi 15 janvier 202614:30-17:30