ART & ANARCHISME : DES AFFINITÉS ÉLECTIVES2 ECTS, Semestre S1, HTC-SZTU-S1 Equipe enseignante: Paul SZTULMAN ART & ANARCHISME : DES AFFINITÉS ÉLECTIVES Alors que la pensée anarchiste accompagne l’art moderne tout au long de son histoire, les jeux d’influences réciproques entre les deux demeurent peu explorés. L’histoire de l’art permet pourtant de constater l’omniprésence des sympathies anarchistes dont ont témoignées de nombreux mouvements et artistes depuis la naissance de cette sensibilité politique au XIXe siècle. Cependant, la question de la traduction plastique que l’art a donné à cette inclination anarchiste n’a pas encore faire l’objet de la problématisation qu’elle mérite. Et cette question est d’autant plus épineuse que les différentes scènes comme les différents protagonistes de cette histoire nous confrontent à un panorama divers et contradictoire de manifestations esthétiques comme d’apports théoriques et militants du mouvement libertaire. Dans ce cours, nous partirons donc de ce constat : de même qu’il existe de nombreux anarchismes (loin d’être intégralement compatibles entre eux), l’histoire de l’art moderne et contemporaine est celle d’une myriade de styles et de pratiques hétéroclites se confrontant les unes aux autres. Et de ce fait, la pensée anarchiste ressurgit sur des scènes, dans des mediums et sous des formes diverses. Cela ouvre à une hypothèse provocante qui nous servira de point de départ : n’y aurait-il pas, derrière les différents visages des affiliations revendiquées de certains artistes à la cause anarchiste, des affinités électives entre les deux domaines, comme si une certaine conception de l’art moderne pouvait être considérée sur le plan esthétique comme un équivalent de ce que l’anarchisme est sur le plan politique ? Étant donné l’ampleur du sujet, défiant toute prétention d’en couvrir la totalité, nous allons circonscrire notre champ d’investigation de deux manières : historico-géographique et spéculative. Nous procèderons ainsi par l’exploration de quelques scènes singulières plutôt que de viser un repérage exhaustif de tous les protagonistes comme de tous les moments de rencontres entre art et anarchie. Procéder ainsi devrait nous permettre, du moins telle sera notre tentative, de dresser une cartographie, certes lacunaire, mais suffisamment significative pour être possiblement représentative de la complexité de cette histoire (tant dans ses différentes inflexions théoriques que dans la variété des médiums et des pratiques dans lesquels elle s’est incarnée). Chaque scène étudiée, parfois autour de la figure d’une ou d’un protagoniste, sera ainsi l’occasion d’interroger la manière dont l’activité artistique est soucieuse de se réfléchir dans une perspective anarchiste. Enfin, pour mener notre démonstration et éviter l’écueil d’une thématique, nous formulerons, pour chaque situation, le problème ainsi : « Y a-t-il eu, et si oui de quelle manière, de la part des artistes et des collectifs se réclamant de l’anarchie, des tentatives de traduire leurs positionnements politiques dans leurs pratiques, leurs formes et leurs postures ? ». Ce cours voudrait donc explorer de manière située la question insolvable de l’articulation entre politique et esthétique, dont les réponses sont souvent spécifiques et jamais tout à fait assurées. Il s’agira de découvrir un sensibilité anarchiste à l’œuvre tout au long de la modernité, soit de manière ostentatoire soit de manière cryptée. Et ce sera l’occasion également de réévaluer certains médiums artistiques considérés comme mineurs dans les institutions d’état ou la culture bourgeoise et investis précisément pour cette raison : illustrations, arts décoratifs, performance. Ce cours est également porté par un sentiment d’urgence politique : il y a une actualité de l’anarchisme dans les débats et les luttes, comme en témoigne le nombre de publications ces dernières années - et ce dans différentes disciplines (histoire, philosophie, anthropologie, psy Séances de cours:
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