La nature en friches ,5 séances 3h dès 10h45: 6.13.20 févr 13.20 mars uniquement pour L32 ECTS, Semestre S2, HTC-SEUR-S2 Equipe enseignante: Clémence SEURAT Espaces délaissés, souvent déconsidérés, les friches, que l’on trouve dans les interstices et les marges des villes, sont des zones indécises qui ne se laissent pas facilement définir. Elles naissent des ruines industrielles et des décombres urbains, poussent sur des sols pollués, se peuplent d’espèces pionnières et de plantes invasives, abritent des pratiques marginales. Si l’on peut avoir l’impression au premier abord que rien n’y pousse sinon les broussailles, les friches présentent en réalité des milieux socio-écologiques riches et diversifiés. Les friches sont au cœur de dynamiques à la fois écologiques, sociales et urbaines. Espaces de nature spontanée dans des environnements fortement anthropisés et artificialisés, elles hébergent des écologies ordinaires et populaires, des écologies altérées et hybrides, qu’il importe de réhabiliter dans le contexte du réchauffement climatique et de la sixième extinction de masse. Les étudier permet de retracer les trajectoires imbriquées des humains avec les autres vivants, qu’elles soient historiques, politiques et environnementales. L’enseignement se décline en cinq cours qui étudient des sites spécifiques de friches dont les caractéristiques, les histoires et les usages nous informent sur les altérations climatiques et environnementales en cours. Il s’agit de regarder les friches depuis des pratiques et des disciplines variées, d’appréhender leur flore et leur faune, de saisir leur rôle dans la ville, pour les humains et les autres espèces vivantes. L’enseignement vise, à partir de ces cas d’étude, à initier les étudiant·es à l’écologie politique, à ses concepts-clés et à ses courants de pensée. Chaque cours présente des contenus théoriques, des références artistiques, un cas d’étude et un exercice méthodologique. L’enseignement est ponctué de lectures et se conclut par une visite de terrain. L’apprentissage proposé est théorique, méthodologique et expérimental. L’évaluation repose sur l’assiduité aux cours, la participation aux exercices en classe et le rendu final. À partir du corpus théorique, des cas d’étude et des exercices méthodologiques délivrés en cours, il est demandé aux étudiant·es de faire le portrait d’une friche du Grand Paris proposée par l’enseignante. Le rendu prendra la forme d’une image commentée : une photographie, un dessin, une vidéo, une carte ou un diagramme, accompagné d’un court texte (1500 signes) au registre libre, qui pourra également être présenté sous une forme sonore BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE: Howard S. BECKER et Franck LEIBOVICI, Exercices, Paris, AOC, 2023. Simon BOUDVIN, Ilanthus Altissima. Une monographie située de l’ailante, Paris, B42, 2021. William CRONON, « Le problème de la wilderness, ou le retour vers une mauvaise nature », Écologie & Politique, n°38, 2009. Robin DE MOURAT, Clémence SEURAT et Thomas TARI, Le champ des possibles. Une enquête collective à Sevran, Cognac, 369 éditions, 2023. Donna J. HARAWAY, Vivre avec le trouble, trad ? de l’anglais par Vivien García, Vaux-enVelin, Les éditions des mondes à faire, 2016. Ailton KRENAK, Idées pour retarder la fin du monde, trad. du portugais par Julien Pallotta, Lachaud, Dehors, 2020. Anna LOWENHAUPT TSING, Le champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme, trad. de l'anglais par Philippe Pignarre, Paris, La Découverte, 2017. Audrey MURATET et François CHIRON, Manuel d’écologie urbaine, Dijon, Les Presses du réel, « Al Dante », 2019. Audrey MURATET et Myr MURATET, Flore des friches urbaines, Paris, éditions Xavier Barral, 2017. Nicolas NOVA, Exercices d’observation. Dans les pas des anthropologues, des écrivains, des designers et des naturalistes du quotidien, Paris, Premier Parallèle, 2022. Séances de cours:
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